Banlieues parisiennes Noir, éditions Asphalte

La collection « Asphalte noir » qui propose, depuis dix ans, de découvrir un territoire particulier au travers de recueils de nouvelles noires – inédites – revient en France après avoir parcouru le monde (Londres, Los Angeles, Buenos Aires, Haïti, Mexico…). Mais pas à la capitale, enfin pas tout à fait. Pour la première fois c’est une zone non franche à laquelle vont devoir se frotter treize écrivains : la banlieue parisienne… La première force de ce recueil est d’avoir mis en relief l’absolue diversité contenue dans ce qu’on appelle banlieue, car de Neuilly-sur-Seine à Sarcelles, la distance est grande, et pas seulement kilométrique. La préface donne le ton : « Les banlieues parisiennes ne se résument pas à un triptyque pavillons-barres-centres commerciaux. Elles forment un kaléidoscope, aux paysages et à l’architecture contrastés. Ainsi ce sont treize lieux, treize banlieues singulières qui déroulent leurs contours sous la plume d’auteurs qui ont en commun d’être des arpenteurs de bitume et de donner la parole à ceux qu’on n’entend que rarement et qu’on écoute encore moins. La deuxième force de ce Banlieues noir, c’est bien évidemment les récits eux-mêmes : loin des clichés, jamais prétextes.

Gwenaëlle Denoyers (revue 813)

Laban et confiture ou comment ma mère est devenue libannaise, Lena Merhej (Alifbata)

L’auteure nous plonge dans l’histoire du Liban à travers cette bande dessinée. Elle retrace la vie de sa mère allemande venue s’expatrier au Liban dans les années 60. Nous découvrons la culture du Liban et de l’Allemagne à travers le combat d’une femme médecin militante. Les anecdotes de cette femme rythment et allègent les moments tragiques qu’elle a vécus dans ce pays fragilisé par la guerre.

Très belle bande dessinée !

Celle qui attend, Camile Zabka (L’Iconoclaste)

La chronique du jour, signée d’une des membres du comité de programmation ! Il s’agit de Celle qui attend de Camille Zabka (L’Iconoclaste), sélectionné pour le prix Amila-Meckert 2020.
« Un jeune papa est mis en prison pour un petit délit. Son procès ne va pas se dérouler comme prévu et la longueur de sa peine non plu. Ce livre est d’autant plus bouleversant qu’il est tiré d’une histoire vraie. On y découvre les failles de la justice française, la vie en prison. Dans ce monde noir, le personnage principal tient bon grâce aux correspondances qu’il tient avec sa femme et sa fille Pénélope de 3 ans.
L’écriture familière permet une accroche facile et nous donne envie de découvrir rapidement la fin du roman : sa femme et sa fille vont-elles attendre sa sortie de prison pour continuer leur vie ? »

Julien Dufresne-Lamy, Boom (Actes sud junior)

Boom, de Julien Dufresne-Lamy a été sélectionné dans le cadre du prix Ados en colère. Résumé et chronique d’un livre choc !

Résumé du livre, par l’éditeur :

Un jeune homme s’adresse à son meilleur ami mort dans un attentat. Un monologue pudique et fort sur la culpabilité du survivant. Étienne était l’ami fêtard, l’incorrigible. Timothée, le garçon bien éduqué aux drôles de tics – il disait boom tout le temps. Une belle aventure de trois ans jusqu’à ce voyage scolaire à Londres. Jusqu’à ce que Timothée soit fauché par un fou de Dieu sur le pont de Westminster. Depuis la tragédie, Étienne cherche les mots. Ceux du vide, de l’absence. Étienne parle à son ami disparu en ressassant les souvenirs, les éclats de rire.

 Un coup de coeur signé d’une membre du comité de programmation :

Certains textes sont cinématographiques, celui-là est « théâtral ». J’ai aimé la description de ce coup de cœur, fait de tous petits riens mais qui comptent tellement dans la construction d’une amitié, à cet âge qu’est l’adolescence où c’est si nécessaire et parfois vital de trouver son double. Le deuil est lui aussi présenté de manière sensible : les étapes, les sens mobilisés (voix sur le répondeur, photos, mousse au chocolat… ), les ressentis corporels, les souvenirs qui remontent à la surface, la valse des « pourquoi ? » et des « et si… », les ressources (être soutenu psychologiquement, nager, passer le bac malgré tout..), le « où es-tu ? » du début et le « rester vivant » qui clôture ce livre.
Un texte … à écouter effectivement, au théâtre ou en lecture musicale.

Lien vers la page de l’éditeur

 

Martin Mongin, Francis Rissin (Tusitala, 2019)

Il est sélectionné pour le prix Amila-Meckert 2020. Voici Francis Rissin de Martin Mongin, chroniqué par le président du prix et lauréat en 2019, Joseph Ponthus :

“L’histoire est entièrement vraie puisque je l’ai inventée”.
On connaît cette fameuse citation de Boris Vian. Martin Mongin est vrai puisque Francis Rissin l’a inventé. L’inverse est aussi vrai.
Le livre que tu tiens entre les mains, lecteur, résume à quel point la littérature peut être magique, jouissive, extraordinaire. Emporté par la foudre de Francis Rissin que tu vas être.
Tu seras même Francis Rissin, comme je l’ai été et le suis encore. Tu ne le sais pas encore mais tu es Francis. Et Francis est là, à cette heure en Bretagne à Lorient où j’écris ces lignes, mais aussi à Arras sur la place des héros, à Paris, à Oloron-Sainte-Marie, ailleurs, partout.
Martin (et gloire à Francis Rissin de l’avoir révélé !), c’est un sacré chic type avec un pull-over tricoté par sa grand-mère.
Francis (et gloire à Martin Mongin de l’avoir mis au jour !) c’est un sacré génie autant qu’un sombre connard. C’est toi, c’est moi, c’est nous.
C’est tout.
Non, lis ce livre, lecteur, ta vie va changer.

LOUANGE À TOI FRANCIS RISSIN !

Retrouvez le livre en ligne sur le site de l’éditeur

les chroniques

Nouveauté sur le site : une page dédiée à des chroniques de livres.  Parce qu’organiser un salon du livre, c’est d’abord lire des livres ; ceux des auteur-e-s qu’on invite, ceux des auteur-e-s qu’on n’invite pas, ceux des auteur-e-s qu’on aurait bien voulu inviter mais malheureusement qui ne peuvent pas parce que…

Bref ! Afin de vous donner envie de vous ruer vers les libraires indépendants, une fois fini ce confinement, voici quelques chroniques de livres lus et conseillés par différents membres des différents collectifs qui agissent au sein de Colères du présent : le comité de programmation, le jury du prix Amila-Meckert, le collectif de documentalistes et professeur-e-s du prix Ados en colère, les militants, adhérents et membres des CA et AG… Ben non hein, on fait pas ça tout seul !

La page va augmenter de jour en jour, donc rendez-vous ici pour découvrir chaque fois de nouvelles pépites.

Aymen Garbi, Magma Tunis (Asphalte, 2018)

Un roman, deux points de vue :

« Une révolution inachevée, évoquée comme un fantôme lors d’un cauchemar éveillé, a laissé Tunis dans le désordre et le désarroi.
Les hommes et les femmes y entretiennent des rapports violents. Cela grouille  ; la hideur est poussée à l’extrême dans certaines scènes saisies dans les rues ou sur les quais du port. Mais un surréalisme parfois drôle se fraie soudain une place comme lors de la submersion de la ville par une vague de chats. On découvre aussi une société nourrie de multiculturalisme avec lequel le tunisien garde ses distances  en donnant par exemple cette définition du rap  :  «  …(il est) chanté par des gens à la fois ignares comme des chèvres et destructeurs comme des terroristes  .» ….Et du chaos surgit la création artistique…  ? »

« Ghaylène, jeune Tunisien urbaniste et intellectuel, n’en peut plus de sa vie. Face à ses difficultés professionnelles et amoureuses, sous l’emprise de la drogue, il veut mourir. Il part sillonner les rues de Tunis avec cette envie d’en finir mais des événements bizarres se multiplient : apparition massive de chats, mouvements de foule, présence très belliqueuse des policiers, lancers de pétards tonitruants et happenings d’art contemporain des plus étranges. Il s’égare encore davantage d’autant qu’il se sent suivi… Gharbi Aymen brosse des personnages excentriques, un peu nonchalents, mais il évoque surtout une jeunesse désenchantée, amère et en perte de repères. Attendait-elle des conséquences plus heureuses de la révolution de Jasmin ? Un très beau roman. »

Un roman, deux points de vue :

« Une révolution inachevée, évoquée comme un fantôme lors d’un cauchemar éveillé, a laissé Tunis dans le désordre et le désarroi.
Les hommes et les femmes y entretiennent des rapports violents. Cela grouille  ; la hideur est poussée à l’extrême dans certaines scènes saisies dans les rues ou sur les quais du port. Mais un surréalisme parfois drôle se fraie soudain une place comme lors de la submersion de la ville par une vague de chats. On découvre aussi une société nourrie de multiculturalisme avec lequel le tunisien garde ses distances  en donnant par exemple cette définition du rap  :  «  …(il est) chanté par des gens à la fois ignares comme des chèvres et destructeurs comme des terroristes  .» ….Et du chaos surgit la création artistique…  ? »

« Ghaylène, jeune Tunisien urbaniste et intellectuel, n’en peut plus de sa vie. Face à ses difficultés professionnelles et amoureuses, sous l’emprise de la drogue, il veut mourir. Il part sillonner les rues de Tunis avec cette envie d’en finir mais des événements bizarres se multiplient : apparition massive de chats, mouvements de foule, présence très belliqueuse des policiers, lancers de pétards tonitruants et happenings d’art contemporain des plus étranges. Il s’égare encore davantage d’autant qu’il se sent suivi… Gharbi Aymen brosse des personnages excentriques, un peu nonchalents, mais il évoque surtout une jeunesse désenchantée, amère et en perte de repères. Attendait-elle des conséquences plus heureuses de la révolution de Jasmin ? Un très beau roman. »

Lien vers la page dédiée aux éditions Asphalte

Perrine Le Querrec, Rouge Pute (La Contre Allée, 2019)

Petite chronique d’une membre du comité de programmation :

« L’auteur a rencontré dans un centre social de nombreuses femmes qui après un temps de mise en confiance ont parlé des violences conjugales qu’elles ont subies. Avec beaucoup de sincérité et de pudeur, Perrine le Querrec se fait le porte-voix de ces confidences. A la première personne, ses poèmes sont brefs, percutants et violents comme les coups et les insultes. Subis. Ils évoquent la peur, le manque d’aide, l’indifférence, l’envie de fuir, la peur aux ventre. Ils parlent des enfants aussi… Et dans cette période de confinement, on ne peut que frémir en songeant à ce qui peut se cacher derrière les murs. »

Extrait :
« Rouge pute
Pour certains c’est la colombe blanche
La liberté
Pour moi c’est Rouge Pute
Ma liberté
Du rouge à lèvres, du rouge voyant, du rouge-tu-me-vois ?
Du rouge c’est moi
Putain cognait-il si je mettais du rouge
Elle déclenche la violence la féminité
Les insultes l’interrogatoire les brutalités
Rouge sang
Dans ma nouvelle collection je choisis un tube
Rouge Pute
Je dessine mes lèvres, redessine ma vie
Visible
Vivante
Rouge vif« 
Perrine Le Querrec, Rouge Pute, Éditions La Contre Allée, 2020