Florence Aubenas, Le quai de Ouistreham (Edition de l’Olivier, 2010 – Nouvelle édition, Folio, 2020)

 

 

Prix Amila/Meckert 2010

Prix Joseph Kessel 2010

 

En 2010, Florence Aubenas, grand reporter, ancienne otage en Irak part à Caen pour comprendre comment la « crise » est vécue parmi les salarié(e)s les plus fragiles. Elle partage anonymement la vie et surtout le travail des précaires parmi les précaires. Femmes de ménage, cumulant les petits contrats, quelques heures par-ci par-là parfois dans une même journée pour gagner à peine de quoi survivre. Subissant la pression des employeurs, soumis à une productivité infernale, elles rendent propres les cabines libérées par les croisiéristes. Elle découvre un univers où le travail est rare et où la solidarité permet de tenir.

Un livre bouleversant à l’écriture magnifique de simplicité.

Un livre choc à sa sortie en 2010, un livre ô combien pertinent en 2020 au moment où certains découvrent celles et ceux que l’on n’entend jamais bien qu’elles, qu’ils soient indispensables à la société.


Pierrette Bras, bibliothécaire retraitée

 

Kenan Görgün, Le Second disciple (Equinox Les Arènes, 2019)

« en comparaison, le 11 septembre sera l’enfance de l’art »


Ce livre coup de poing qui débute d’une manière poétique par la description d’un univers urbain qui lui ne l’est pas ; et se termine par une scène digne d’un film policier, se lit presque d’une traite.

Il traite de radicalisation, de terrorisme…

L’analyse fine de la psychologie des personnages est au centre de ce roman. On a l’impression d’entrer avec précision dans leur tête et de suivre leur évolution.

Xavier Brulein, ancien militaire, héros de cette histoire, a un rapport particulier au corps, presque sacrificiel (agressions physiques de tout ordre qui à la fois l’apaisent et le tourmentent).

Abu Brahim, prédicateur islamiste et cerveau d’un attentat terrible à Bruxelles, a un rapport particulier à son père (taciturne et peu causant), à sa mère (femme forte à la foi chevillée au corps) puis à la religion.

Une amitié va naitre entre ces 2 frères d’armes, pour le meilleur et pour le pire, surtout le pire…

Sophie Devulder

Partir en Livre avec Colères du Présent à Avion

Comme chaque année, Colères du Présent organise une journée autour du livre jeunesse dans le cadre de l’action nationale Partir en Livre, coordonnée par le Centre National du Livre.

Retrouvez-nous à Avion (Pas-de-Calais) le 8 juillet 2020 à partir de 10 heures au pied des immeubles dans le quartier République pour des lectures de livres jeunesse.  Rejoignons-nous ensuite à 12h au Parc urbain de la République, pour un pique-nique (pensez à amener votre repas!) et une chasse à l’histoire, jusqu’à 16h30.

 

 

 

Banlieues parisiennes Noir, éditions Asphalte

La collection « Asphalte noir » qui propose, depuis dix ans, de découvrir un territoire particulier au travers de recueils de nouvelles noires – inédites – revient en France après avoir parcouru le monde (Londres, Los Angeles, Buenos Aires, Haïti, Mexico…). Mais pas à la capitale, enfin pas tout à fait. Pour la première fois c’est une zone non franche à laquelle vont devoir se frotter treize écrivains : la banlieue parisienne… La première force de ce recueil est d’avoir mis en relief l’absolue diversité contenue dans ce qu’on appelle banlieue, car de Neuilly-sur-Seine à Sarcelles, la distance est grande, et pas seulement kilométrique. La préface donne le ton : « Les banlieues parisiennes ne se résument pas à un triptyque pavillons-barres-centres commerciaux. Elles forment un kaléidoscope, aux paysages et à l’architecture contrastés. Ainsi ce sont treize lieux, treize banlieues singulières qui déroulent leurs contours sous la plume d’auteurs qui ont en commun d’être des arpenteurs de bitume et de donner la parole à ceux qu’on n’entend que rarement et qu’on écoute encore moins. La deuxième force de ce Banlieues noir, c’est bien évidemment les récits eux-mêmes : loin des clichés, jamais prétextes.

Gwenaëlle Denoyers (revue 813)

Laban et confiture ou comment ma mère est devenue libannaise, Lena Merhej (Alifbata)

L’auteure nous plonge dans l’histoire du Liban à travers cette bande dessinée. Elle retrace la vie de sa mère allemande venue s’expatrier au Liban dans les années 60. Nous découvrons la culture du Liban et de l’Allemagne à travers le combat d’une femme médecin militante. Les anecdotes de cette femme rythment et allègent les moments tragiques qu’elle a vécus dans ce pays fragilisé par la guerre.

Très belle bande dessinée !

Celle qui attend, Camile Zabka (L’Iconoclaste)

La chronique du jour, signée d’une des membres du comité de programmation ! Il s’agit de Celle qui attend de Camille Zabka (L’Iconoclaste), sélectionné pour le prix Amila-Meckert 2020.
« Un jeune papa est mis en prison pour un petit délit. Son procès ne va pas se dérouler comme prévu et la longueur de sa peine non plu. Ce livre est d’autant plus bouleversant qu’il est tiré d’une histoire vraie. On y découvre les failles de la justice française, la vie en prison. Dans ce monde noir, le personnage principal tient bon grâce aux correspondances qu’il tient avec sa femme et sa fille Pénélope de 3 ans.
L’écriture familière permet une accroche facile et nous donne envie de découvrir rapidement la fin du roman : sa femme et sa fille vont-elles attendre sa sortie de prison pour continuer leur vie ? »

Julien Dufresne-Lamy, Boom (Actes sud junior) – Sélection Monde d’Après 2020, Séléction Prix Ados en Colère 2020

Boom, de Julien Dufresne-Lamy a été sélectionné dans le cadre du prix Ados en colère. Résumé et chronique d’un livre choc !

Résumé du livre, par l’éditeur :

Un jeune homme s’adresse à son meilleur ami mort dans un attentat. Un monologue pudique et fort sur la culpabilité du survivant. Étienne était l’ami fêtard, l’incorrigible. Timothée, le garçon bien éduqué aux drôles de tics – il disait boom tout le temps. Une belle aventure de trois ans jusqu’à ce voyage scolaire à Londres. Jusqu’à ce que Timothée soit fauché par un fou de Dieu sur le pont de Westminster. Depuis la tragédie, Étienne cherche les mots. Ceux du vide, de l’absence. Étienne parle à son ami disparu en ressassant les souvenirs, les éclats de rire.

 Un coup de coeur signé d’une membre du comité de programmation :

Certains textes sont cinématographiques, celui-là est « théâtral ». J’ai aimé la description de ce coup de cœur, fait de tous petits riens mais qui comptent tellement dans la construction d’une amitié, à cet âge qu’est l’adolescence où c’est si nécessaire et parfois vital de trouver son double. Le deuil est lui aussi présenté de manière sensible : les étapes, les sens mobilisés (voix sur le répondeur, photos, mousse au chocolat… ), les ressentis corporels, les souvenirs qui remontent à la surface, la valse des « pourquoi ? » et des « et si… », les ressources (être soutenu psychologiquement, nager, passer le bac malgré tout..), le « où es-tu ? » du début et le « rester vivant » qui clôture ce livre.
Un texte … à écouter effectivement, au théâtre ou en lecture musicale.

Lien vers la page de l’éditeur

 

Martin Mongin, Francis Rissin (Tusitala, 2019) – Sélection Prix Jean Amila-Meckert 2020

Il est sélectionné pour le prix Amila-Meckert 2020. Voici Francis Rissin de Martin Mongin, chroniqué par le président du prix et lauréat en 2019, Joseph Ponthus :

“L’histoire est entièrement vraie puisque je l’ai inventée”.
On connaît cette fameuse citation de Boris Vian. Martin Mongin est vrai puisque Francis Rissin l’a inventé. L’inverse est aussi vrai.
Le livre que tu tiens entre les mains, lecteur, résume à quel point la littérature peut être magique, jouissive, extraordinaire. Emporté par la foudre de Francis Rissin que tu vas être.
Tu seras même Francis Rissin, comme je l’ai été et le suis encore. Tu ne le sais pas encore mais tu es Francis. Et Francis est là, à cette heure en Bretagne à Lorient où j’écris ces lignes, mais aussi à Arras sur la place des héros, à Paris, à Oloron-Sainte-Marie, ailleurs, partout.
Martin (et gloire à Francis Rissin de l’avoir révélé !), c’est un sacré chic type avec un pull-over tricoté par sa grand-mère.
Francis (et gloire à Martin Mongin de l’avoir mis au jour !) c’est un sacré génie autant qu’un sombre connard. C’est toi, c’est moi, c’est nous.
C’est tout.
Non, lis ce livre, lecteur, ta vie va changer.

LOUANGE À TOI FRANCIS RISSIN !

Retrouvez le livre en ligne sur le site de l’éditeur