Édito et thèmes de l’année

Avant-propos

— visuel (c) DR —

Il en aura fallu du temps. De l’énergie. Des lectures. Et des idées. Des connexions, des systèmes D, des réunions, des arpentages de pavés et de livres, des devis et des projections budgétaires, des listes de courses – tables, chaises, kilomètres de nappes, canapés, tapis, affiches… – des commandes de billets d’avion, de train, de bus, de voiture, d’hôtels, des idées de buffet pour 15, 50, 200, 450 invités, des ateliers d’écriture et de lecture, pour réussir à recevoir, sur les places d’Arras, 50.000 personnes sur deux jours. Toutes ces heures passées pour pouvoir réaliser ce 19e salon du livre, qui finalement n’existera donc jamais.

Deux ans de travail de programmation ; des milliers de contacts ; des torsions cérébrales ; et tout un tas de trucs et astuces qui composent notre quotidien et qui sont nécessaires pour concevoir cette utopie chaque année à réinventer. Et toujours fragile. Car, que ce soit en raison d’un virus de quelques nanomillimètres, d’une tempête, d’une attaque terroriste, on est toujours tributaires des risques du métier, ce qu’on appelle parfois les « cas de forces majeures ». Comme en amour, comme dans le reste de la vie, lorsque tout s’écroule il faut pouvoir rebondir.

On a donc un plan B, qui s’appelle Le Monde d’après. Vous le verrez bientôt en ligne. On y travail ardemment.

Rendez-vous dès à présent sur ce site pour découvrir tout ce qu’on vous avait concocté mais que vous ne verrez jamais, et puis rendez-vous le 1er mai 2020 pour arpenter le  Monde d’après vu par nos invité-e-s, et encore le 1er mai 2021 pour le 20e salon du livre d’expression populaire et de critique sociale.

 

EDITO PAR JOSEPH PONTHUS,prix Amila-Meckert 2019

Colères du présent

Présent de la colère, surtout – que mes profs de français et de philo me pardonnent cette faible problématique, pourtant si nécessaire.

Ou présent des colères.

Celle qui jaillit et explose depuis le 17 novembre 2018 ; celle des profs méprisés et rabaissés par les réformes Blanquer – et partant, des élèves ; celle des personnels hospitaliers, des aide-soignants aux grand-pontes hospitaliers de la recherche ; celle des retraités et de ceux qui ne le seront jamais ; celle des avocats, même, inédite, qui en sont à jeter leur robe ; celle des femmes de chambre d’hôtel ; celle des employés de fast-food ; celle des femmes tout court ; celle des ouvriers et précaires de tout bord ; celle des agents Pôle emploi condamnés à raboter les allocs desdits précaires ; celle des intermittents pour lesquels aucun juste statut n’a encore été trouvé ; celle des auteurs et artistes qui ne comprennent toujours rien à la disparition de l’ AGESSA ; celle, évidente et nécessaire pour sauver le climat et la planète.

Et, au-delà de toutes, de tous, au-delà de la voix des victimes et des familles de victimes des exactions policières, de l’incurie, du cautionnement, des silences et des validations de l’IGPN et du gouvernement.

Zineb, Steve, toutes et tous les autres depuis tant d’années, tous les estropiés, les mutilés, les amputés, que votre histoire se joigne à notre présent de la colère.

“Je ne serai jamais neutre entre la violence des opprimés et la brutalité des oppresseurs” écrivait Jean Genet.

La colère est toujours juste. Du présent, il est ce que nous en faisons.

TELECHARGEZ LE DOSSIER DE PRESSE DU 19e SALON (UTOPIQUE) DU LIVRE D’EXPRESSION POPULAIRE ET DE CRITIQUE SOCIALE