Colères du Présent: Présentation

Association loi 1901 qui a pour but de promouvoir l’écriture et la littérature d’expression populaire par l’organisation de manifestations culturelles et de lutter contre l’exclusion culturelle.

Un cabaret littéraires : L’Ire en fête
Un concours d’écriture : Colères du présent
Un salon du livre d’expression populaire

Ce peut être aussi : Ateliers d’écriture ; Rencontres-débats ; Aide à la diffusion ; Mise en relation d’auteurs et de structures ; et bien d’autres choses encore.

Contact :

COLERES DU PRESENT

61, Grand Place 62000 ARRAS

Téléphone/fax : 03 21 15 35 87

-------------------------

BERANGER/MAI 68 : LE RETOUR

Ils croyaient les avoir enterrés ! Et ben non….Ils sont de retour ! Et bien vivants….
Emmanuelle Béranger, MESO Production et Colères du présent sont heureux de vous annoncer la sortie de l'hommage de la scène nationale alternative à François Béranger:

TOUS CES MOTS TERRIBLES
Dans les bacs à partir du 21 AVRIL 2008 - En attendant découvrez le sur : http://www.myspace.com/touscesmotsterribles  

-------------------------

DERNIERE MINUTE

FREDERIC H. FAJARDIE NOUS A QUITTES

NOTRE CAMARADE FREDERIC H FAJARDIE NOUS A QUITTES CE JEUDI 1er MAI
POUR L’INSTANT LES MOTS ME MANQUENT…
SALUT MEC ON T’AURA TOUJOURS DANS NOTRE CŒUR.

Pour Colères du Présent - Didier Andreau

http://www.fajardie.net

Quelques témoignages...

 

 A l'attention de Didier Andreau: Colères du Présent

"Tous les ex-Metaleurop, ont appris avec une grande tristesse la disparition brutale de notre ami Frédéric Fajardie. Au nom du Président de notre Association (Farid Ramou) et de tous les membres de notre Association, nous souhaiterions que tu sois notre interprête auprès de sa famille et de ses amis pour dire à la fois notre peine du décès de notre ami et de notre grande reconnaissance pour son aide militante et généreuse qu'il a apporté à notre Association. Je voudrais te remercier aussi pour ton soutien personnel et celle de ton Association Colères du Présent, sans lequel rien ne se serait passé. L'impact du soutien de Fajardie et de son magnifique livre "Metaleurop Paroles ouvrières" a été si déterminant que notre Association et notre lutte n'auraient jamais existé. Nous lui sommes redevables : d'abord d'avoir été l'un des rares grands intellectuels français à s'être vraiment intéréssé au sort des ex-Metaleurop, de leur vie, de leur lutte et de ce monde ouvrier si absent de nos médias et des préoccupations des élus, ensuite d'avoir été un formidable soutien moral, d'avoir été à l'écoute de ceux qui ne sont jamais entendus et d'avoir donner la parole enfin à ceux qui en ont été si longtemps exclus et enfin bien sur, de nous avoir soutenu financièrement avec les droits d'auteur de "Metaleurop Paroles ouvrières" qui ont permis une totale indépendance d'action de notre Association et d'éviter les muktiples tentatives de récupération. "... des ouvriers, dont certains connaissaient mes livres, m'ont fait venir sur le site de Metaleurop-Nord, m'ont parlé et m'ont choisi pour donner une forme écrite à leur mémoire. C'est ma seule légitimité, elle vient d'eux ..." écrivait-il, il restera auprès de nous, avec nous et debout; "Metaleurop Paroles ouvrières" est devenu notre "Germinal" et Frédéric Fajardie notre Zola, mais Frédéric tu nous manques déjà! "

Jean-Louis Martin - mai 2008 



FAJARDIE EST MORT LE PREMIER MAI

L’Utopie est une longue, longue maladie

"Frédéric est mort ! On dirait une réplique des Enfants du Paradis. « Frédéric ? Moi, c’est Garance ! Paris est tout petit pour un amour aussi grand que le nôtre !» Le temps de la cerise commence et une plaie ouverte en rougit les fleurs fanées. SMS. Sous les Mots, les Sentiments. Faja grondait, grognait, grommelait, rognonnait, grinchait, grinçait contre cette salope d’époque qu’il avait tout fait pour empêcher de s’engrener. Il s’en voulait de ne pas avoir su, de ne pas avoir pu, d’avoir dû ou pas dû... Salauds de riches ! Salauds d’intellos qui ont tous lâché mais pas lui... ou pas souvent, juste quand c’était ça ou crever ! Il a fini par en crever tout de même ! La grande trahison, celle des lecteurs qui le lisaient comme ils auraient lu du porno ! Ce que tu leur as mis, Fredo ! La pire, celle des éditeurs qui ont noyé vos livres dans une marée de médiocrités à dix balles... Oh, oui, il était en colère, de cette colère du rat pris au piège ! Du passé, il avait fait table rase et ils en faisaient table basse.
L’année zéro, Frédo, tu tournes le dos à toutes les guerres, toutes les crapuleries, et tu balances ton premier pavé ! T’es jeune, t’as le feu, tu ronges tes liens, tu bouffes tes chaînes et le vieil homme, tu te libères des vieux mots, des vieilles habitudes, tu fais tomber des murs qui ne demandent que ça, tu fais l’amour et la guerre à la guerre et, sur les ruines de ta rage, tu te retrouves dans une prison encore plus dure que la précédente. Et celle-là, c’est toi qui te la bâtis ! Le poison, les cigarettes, l’alcool, la pollution, la fatigue, le stress, le temps perdu, tout ça ça tue bien sûr, mais lentement, on peut vivre si ça s’appelle vivre quand à vingt ans tu as ouvert ta chemise comme tu serais monté à l’échafaud et sorti tes tripes ! Tandis que la désillusion, le désenchantement, les idées maquillées comme des femmes qui refusent de vieillir, c’est la lente agonie. Tu hurles comme les taulards le soir lors du parloir sauvage, tu dévoiles tous les tours des matons et de leurs patrons, tu sais par cœur les codes et les systèmes, tu trinques avec eux livre après livre, et quand ils sont k.o., tu te dis que c’est la bonne, la belle, la grande évasion. Tu parles, tes pavés font plouf dans la vase nauséabonde, la pourriture générale. Ta main sort des sables mouvants (sous les pavés, la plage, mon cul !) et écrit sur le sable : Vive quoi, déjà ? Les trains emportent tes mots à grande vitesse. Tu hausses des épaules de plus voûtées et t’enfuis épouvanté.
Tu n’as plus d’autres amis que les losers, les perdants, les vaincus, les perdus, les éperdus, des paumés qui savent tout juste écrire et qui n’aiment plus lire, ça tu les comprends ! Ils t’aiment bien même s’ils te regardent comme si t’étais un dinosaure échappé de Vincennes. C’est pour eux que tu te mets à écrire des romans populos, des histoires de pirates et de gonzes qui se défendent comme ils peuvent contre la misère des temps où, pour survivre, il fallait résister à tout. Tes héros, ils sont en face de toi, ils résistent à tout même à tes coups de gueule, tu écris avec eux, tu les habilles d’habits glorieux et tu leurs mets des mots généreux dans la bouche... Eux, ils ne rêvent pas du meilleur des mondes, ils veulent juste une vie meilleure ! Tu te fâches encore ! La vie meilleure, tu le sais, FF, faire foutre !, c’est quand l’usine est en grève et que tout le monde se serre les coudes, quand ça cogne sur la vieille peau du cadavre social. La vie meilleure c’est quand les jupes des filles claquent au vent comme des drapeaux rouges, les sourires qu’elles te décochent en se retournant. On sait que l’usine fermera, il aurait fallu tout faire sauter ! On sait que les filles feront la gueule, il aurait fallu les... Pleure pas, Faj ! Le linceul blanc du monde est taché de vinasse et de sang mais désormais c’est à la vie à la mort ! Hein les gars ! On a tout perdu mais pas le Nord ! Le Nord ils disent que t’es le Balzac des années Giscard, des années Mitarr (François), Fajar ! Les cons, t’es le Zola des mines qu’ont fermé des usines désaffectées, des assommoirs en faillite. Pas pour rien, que t’es tombé à Arras. Vivre me fatigue, disait Izzo qu’est parti avant toi. Toi, ne pas vivre te harasse ! Ça ne t’empêche pas de faire semblant ! Oh, les colères, les engueulades, t’as l’air tellement sincère ! Tu connais l’endroit et l’envers ! T’étais sincère ! C’était le monde qui ne l’était pas ! Heure après heure, colère après colère, tenir ! Tenir et se tenir dans un monde qui ne tenait plus droit ni gauche ! T’es un héros, Fredo, toutes ces années dans la clandestinité, entre deux manifs les premiers mai sur la Grand Place, entre deux ateliers avec des cheminots, des chomeuses, des chtis à qui en vieil ouvrier de la révolution que t’étais, t’apprenais à qui voulait apprendre que c’est celui qui raconte l’histoire qui finit par gagner.
T’étais pas vieux, c’est le présent qui l’est, typographe à la casse ! T’as su qu’à peine t’as cessé de te fâcher pour de bon, un volcan s’est réveillé au Chili ? Qu’un cyclone a tout cassé en Bourremanie. C’est à ça que ça sert un écrivain enragé, à contenir la colère du vieux monde ou à la réveiller ? Maintenant que t’es libéré, dis-nous, de l’autre côté, les idées sont belles et faciles ? Dis, Fajar, y en a pas une pour lui pourrir le vie à Son Altesse Réelle Koz I ? Une colère du futur ? Comment ça qu’on fasse comme toi, qu’on se fâche tout rouge, et qu’on les envoyer se FF, et qu’on baise avec le peuple, rien qu’avec le peuple, tout le peuple, et qu’on lui fasse de beaux enfants qui prennent la rue et la route !
Comment ça, enragez-vous ! "


Pour Colères du Présent
Ricardo Montserrat. mai 2008








"J'écris un mot parce que j'ai pas grand monde à qui confier ma peine.
13 ans qu'on se connaissait, à l'époque j'étais un jeune chômeur de 23 ans quasi à la rue, il m'a tellement soutenu, encouragé, conseillé, remonté le moral, rendu péchu que j'ai presque l'impression de perdre un père.
On dit toujours ça, et c'est d'autant plus con quand on cause d'un écrivain, mais les mots me manquent.
Il aura bien choisi sa date le salopard, un 1° mai, 40 ans aprés 68 , le genre de truc qui l'aurait sans doute amusé.
Je pense à sa femme que je n'ai jamais rencontrée mais que j'ai l'impression de connaître tant il m'en parlait, il l'aimait le bougre!
Je suis cassé, scié, ... j'en engueulerai presque les potes au courant de sa mauvaise santé d'avoir su si bien respecter leur parole en n'ébruitant pas l'annonce de l'inéluctable.
J'aurais voulu pouvoir lui dire au revoir, moi qui n'ai jamais tellement osé lui dire combien je l'appréciais, combien j'admirais son parcours, son talent, son intransigeance, son humour....
On dit toujours ça après, j'étais pourtant au courant, ça fait chier.
Frédéric restera pour toujours un mec intègre, droit et debout, un chieur d'utopies réalistes.
C'est rare mais ce soir j'ai bien envie de me bourrer la gueule.
Amicalement, fraternellement, malheureusement".


Babouse - mai 2008




















































:: [ Navigation ] ::
Colères du Présent: Présentation
COLERES DU PRESENT DANS CHARLIE
Rouge comme ces petites fleurs devant les yeux


Télécharger le PDF



Télécharger le PDF