Aymen Garbi, Magma Tunis (Asphalte, 2018)

Un roman, deux points de vue :

« Une révolution inachevée, évoquée comme un fantôme lors d’un cauchemar éveillé, a laissé Tunis dans le désordre et le désarroi.
Les hommes et les femmes y entretiennent des rapports violents. Cela grouille  ; la hideur est poussée à l’extrême dans certaines scènes saisies dans les rues ou sur les quais du port. Mais un surréalisme parfois drôle se fraie soudain une place comme lors de la submersion de la ville par une vague de chats. On découvre aussi une société nourrie de multiculturalisme avec lequel le tunisien garde ses distances  en donnant par exemple cette définition du rap  :  «  …(il est) chanté par des gens à la fois ignares comme des chèvres et destructeurs comme des terroristes  .» ….Et du chaos surgit la création artistique…  ? »

« Ghaylène, jeune Tunisien urbaniste et intellectuel, n’en peut plus de sa vie. Face à ses difficultés professionnelles et amoureuses, sous l’emprise de la drogue, il veut mourir. Il part sillonner les rues de Tunis avec cette envie d’en finir mais des événements bizarres se multiplient : apparition massive de chats, mouvements de foule, présence très belliqueuse des policiers, lancers de pétards tonitruants et happenings d’art contemporain des plus étranges. Il s’égare encore davantage d’autant qu’il se sent suivi… Gharbi Aymen brosse des personnages excentriques, un peu nonchalents, mais il évoque surtout une jeunesse désenchantée, amère et en perte de repères. Attendait-elle des conséquences plus heureuses de la révolution de Jasmin ? Un très beau roman. »

Un roman, deux points de vue :

« Une révolution inachevée, évoquée comme un fantôme lors d’un cauchemar éveillé, a laissé Tunis dans le désordre et le désarroi.
Les hommes et les femmes y entretiennent des rapports violents. Cela grouille  ; la hideur est poussée à l’extrême dans certaines scènes saisies dans les rues ou sur les quais du port. Mais un surréalisme parfois drôle se fraie soudain une place comme lors de la submersion de la ville par une vague de chats. On découvre aussi une société nourrie de multiculturalisme avec lequel le tunisien garde ses distances  en donnant par exemple cette définition du rap  :  «  …(il est) chanté par des gens à la fois ignares comme des chèvres et destructeurs comme des terroristes  .» ….Et du chaos surgit la création artistique…  ? »

« Ghaylène, jeune Tunisien urbaniste et intellectuel, n’en peut plus de sa vie. Face à ses difficultés professionnelles et amoureuses, sous l’emprise de la drogue, il veut mourir. Il part sillonner les rues de Tunis avec cette envie d’en finir mais des événements bizarres se multiplient : apparition massive de chats, mouvements de foule, présence très belliqueuse des policiers, lancers de pétards tonitruants et happenings d’art contemporain des plus étranges. Il s’égare encore davantage d’autant qu’il se sent suivi… Gharbi Aymen brosse des personnages excentriques, un peu nonchalents, mais il évoque surtout une jeunesse désenchantée, amère et en perte de repères. Attendait-elle des conséquences plus heureuses de la révolution de Jasmin ? Un très beau roman. »

Lien vers la page dédiée aux éditions Asphalte

Perrine Le Querrec, Rouge Pute (La Contre Allée, 2019)

Petite chronique d’une membre du comité de programmation :

« L’auteur a rencontré dans un centre social de nombreuses femmes qui après un temps de mise en confiance ont parlé des violences conjugales qu’elles ont subies. Avec beaucoup de sincérité et de pudeur, Perrine le Querrec se fait le porte-voix de ces confidences. A la première personne, ses poèmes sont brefs, percutants et violents comme les coups et les insultes. Subis. Ils évoquent la peur, le manque d’aide, l’indifférence, l’envie de fuir, la peur aux ventre. Ils parlent des enfants aussi… Et dans cette période de confinement, on ne peut que frémir en songeant à ce qui peut se cacher derrière les murs. »

Extrait :
« Rouge pute
Pour certains c’est la colombe blanche
La liberté
Pour moi c’est Rouge Pute
Ma liberté
Du rouge à lèvres, du rouge voyant, du rouge-tu-me-vois ?
Du rouge c’est moi
Putain cognait-il si je mettais du rouge
Elle déclenche la violence la féminité
Les insultes l’interrogatoire les brutalités
Rouge sang
Dans ma nouvelle collection je choisis un tube
Rouge Pute
Je dessine mes lèvres, redessine ma vie
Visible
Vivante
Rouge vif« 
Perrine Le Querrec, Rouge Pute, Éditions La Contre Allée, 2020

Régis Hautière (scénariste), François David (dessins), De briques et de sang (Casterman 2010)

La chronique d’un membre du comité de programmation :
En 1914, deux meurtres successifs sont commis au Familistère de Guise, dans l’Aisne. Victor Leblanc, journaliste à l’Huma est envoyé sur place pour suivre l’enquête.
S’il s’agit effectivement d’une enquête policière bien ficelée, cette BD relate surtout l’histoire de ce palais social tel que l’a conçu Godin, fameux industriel des poêles à bois dans les années 1880.
Cet ensemble de bâtiments, propriété des ouvriers qui le géraient telle une coopérative, comprenait l’usine mais aussi logements, école, commerces, crèche, théâtre et piscine. C’est cette utopie sociale, proche de celles de Jaurès et concrétisée par Godin qui fascine notre journaliste. Ava, la fille d’un ouvrier, sera son guide et lui fera visiter le familistère de la cave au grenier, tout en participant activement à l’enquête. Si cette BD est très agréable à lire, il faut noter que le dessin est somptueux.
De briques et de sang, Régis Hautière, François David, Éditions Casterman, 2010
Retrouver le livre sur le site de l’éditeur

Pierre Serna, L’Extrême centre ou le poison français (Champ-vallon, 2019)

Pierre Serna est historien ; pour lui, l’extrême centre est un mode de gouvernement qui exerce une politique modérée conduite exclusivement par l’exécutif brutal et policier. Les classes laborieuses, les chômeurs, les manifestants sont des menaces.
Il parle beaucoup de « girouettisme », d’hommes politiques qui ne rougissent nullement de quitter droite ou gauche pour gagner le centre puisqu’ils agissent dans l’intérêt de la nation. Nous n’y verrions qu’opportunisme et carriérisme.
Ce qui est très intéressant dans cet ouvrage ce sont les allers-retours, passé-présent, que mènent l’auteur débusquant ainsi les formes renouvelées du centrisme. C’est ainsi que de la Révolution française, de Robespierre à Bonaparte puis à E. Macron, il pointe les similitudes d’un système autoritaire qui participe, en neutralisant les oppositions, à l’effondrement de la démocratie.
Bien qu’il soit assez dense, cet essai est très agréable à lire.
(Une chronique proposée par une membre du comité de programmation)

Pierre Serna est historien ; pour lui, l’extrême centre est un mode de gouvernement qui exerce une politique modérée conduite exclusivement par l’exécutif brutal et policier. Les classes laborieuses, les chômeurs, les manifestants sont des menaces.
Il parle beaucoup de « girouettisme », d’hommes politiques qui ne rougissent nullement de quitter droite ou gauche pour gagner le centre puisqu’ils agissent dans l’intérêt de la nation. Nous n’y verrions qu’opportunisme et carriérisme.
Ce qui est très intéressant dans cet ouvrage ce sont les allers-retours, passé-présent, que mènent l’auteur débusquant ainsi les formes renouvelées du centrisme. C’est ainsi que de la Révolution française, de Robespierre à Bonaparte puis à E. Macron, il pointe les similitudes d’un système autoritaire qui participe, en neutralisant les oppositions, à l’effondrement de la démocratie.
Bien qu’il soit assez dense, cet essai est très agréable à lire.
(Une chronique proposée par une membre du comité de programmation)

Lien vers la page consacrée au livre sur le site de l’éditeur

Les éditions du Ver à soie

Dernière maison d’éditions valorisée cette année : Le Ver à soie.

Virginie Symaniec est historienne, spécialiste de l’histoire du théâtre en Russie et Biélorussie. En 2013, elle fonde Le Ver à soie, sa maison d’édition. Elle l’imagine au plus près des lecteurs, si possible là où le public ne l’attend pas : en diffusant et vendant l’essentiel de sa production sur les marchés des villes et des villages. Originalité supplémentaire : ses poèmes à planter. Comment transformer Rimbaud en salade et Jennifer Lavallé en carottes – un certain art du recyclage.

Bonus : l’expérience du Ver à soie se raconte ! Virginie Symaniec a publié Barnum, aux éditions Signes et balises. Un ensemble de chroniques qui traduit en autant de rencontres uniques et passionnantes le quotidien de cette éditrice nomade.

Les éditions Alifbata

3e maison d’édition mise en avant cette année : les éditions Alifbata.

Les éditions Alifbata sont nées en 2015 de l’envie de faire connaître en traduction française la bande dessinée en langue arabe, encore largement méconnue en France et au public francophone. Depuis quelques années, le neuvième art connaît un vrai renouveau au Maghreb et au Moyen Orient, avec l’émergence de toute une série d’auteurs et de dessinateurs qui, du Maroc à la Syrie, font de cet art un nouveau moyen d’expression pour raconter le monde d’aujourd’hui.

— Visuels : couverture de Beyrouth la trilogie, de Barrack Rima – planche extraite de Laban et confiture, de Lena Merhej —

Les éditions des Eléphants

La maison est jeune et pleine de talent, voici les éditions des Elephants ! Depuis 5 ans, ces éléphants creusent leur trou et proposent un catalogue orienté jeunesse magnifique et surprenant.

Les Eléphants par eux-mêmes :

« Les Éditions des Éléphants proposent des albums pour enfants qui cultivent toutes les qualités de l’éléphant. Force, grâce, intelligence, mémoire… se retrouvent au fil de nos livres. »

Les éditions Asphalte

Première des quatre maisons d’édition que nous avons choisi de mettre en avant cette année, voici les éditions Asphalte, qui fête ses dix ans : bon anniversaire !

Petite présentation par elle-même :

« Asphalte est une maison d’édition fondée en 2010 par Estelle Durand et Claire Duvivier. Si la littérature étrangère est au cœur du projet, le catalogue s’est ouvert à la littérature française en 2014. Portés par des voix narratives fortes, nos textes s’affranchissent des contraintes de genre, mettant l’écriture et l’intrigue au service de l’atmosphère et du rythme. Scindé en deux collections, notre catalogue reflète notre attachement à l’esprit des lieux et à leur petite musique.

> Dans la collection « Fictions » cohabitent de nouvelles voix et quelques classiques contemporains

> Dans la collection « Asphalte Noir », des recueils de nouvelles noires inédites invitent à la découverte d’une ville ou d’un territoire

Littérature générale, roman noir, imaginaire, polar… plus que par une ligne éditoriale, Asphalte est une maison portée avant tout par un esprit, fait de voyages, de découvertes et de risques. »

Le 30 avril, remise des prix littéraires !

En attendant de vous donner toutes les modalités de participation au site internet « www.monde-dapres.com » encore en cours d’élaboration, découvrez les listes qui concourent pour les prix Ados en colère et Amila-Meckert !

Les lauréats seront dévoilés le 30 avril, lors d’une journée à découvrir en direct sur le site http://www.monde-dapres.com (on ne sait pas encore trop bien comment, mais on y travaille !).

Des chroniques des livres seront disponibles ici et sur les réseaux sociaux dès lundi.

Enfin, les prix sont présentés ici : prix Ados en colère, prix Amila-Meckert

Bonne lecture !